La 203 voiture symbole de la renaissance sochalienne

Alors que le pays est en reconstruction au sortir de la Seconde Guerre mondiale, la Peugeot 203 en tête va permettre à la France et à Peugeot de se remettre des stigmates de la guerre.

Pourtant, qui aurait cru que le constructeur sochalien se remettrait aussi rapidement sur pied alors, que ces ateliers basées à Sochaux furent fortement pillés par l’occupant allemand et partiellement détruit par les alliés.

De plus à la sortie de la guerre , l’état français décidera d’imposer à chacun des constructeurs nationaux de produire une catégorie spécifique de voiture: petite, moyenne et grande.

La Peugeot 203 voiture d’innovation technique

Alors que Renault et Citroën bataillent pour obtenir chacun la petite et la grande voiture, Peugeot choisit la catégorie des moyennes. Une auto qui se placerait entre la 202 et la 402, faisant la synthèse du savoir-faire de Peugeot.

L’étude démarre fin 1944, et dans cette période d’après-guerre qui s’inscrit dans un contexte économique difficile dû au manque d’approvisionnement de matière première (acier rare, essence couteuse) le futur modèle de Peugeot se doit d’être économique à tout point de vue. La nouvelle Peugeot 203 est présentée au Salon de Paris en octobre 1948 et devient à ce moment-là, la seule véritable voiture française de moyenne gamme de l’après-guerre..

Malgré les contraintes économiques qui entoure le projet, elle n’en est pas moins dépourvue de style, qui tranche avec les productions d’avant-guerre du lion en terme de style, de technique et de conception.

Pour le style de la Peugeot 203, les designers du lion (chapeauté par Henri Thomas) ont repris les codes stylistiques de la voiture américaine alors très en vogue à cette époque, un style élégant composé de ligne galbée.

Dans l’habitacle aussi, l’inspiration américaine se ressent avec l’adoption du levier de vitesses au volant. Une silhouette qui n’évoluera guère au cours de ces 12 ans de carrière.

L’auto dans son ensemble est plutôt confortable et cossue, son chauffage est efficace, et première innovation sur une voiture de série, les sièges avant peuvent devenir couchette. L’intérieur de la Peugeot 203 fait la place belle à la lumière, une caractéristique plutôt inhabituelle à cette époque obtenu grâce à des vitrages plus importants que ceux utilisés généralement, mais aussi par le toit ouvrant montés de série ( à 98%).

Quant à la planche de bord la finition se veut correcte. Une planche de bord qui n’évoluera que très peu lors de sa carrière, on peut remarquer que le compteur de forme rectangulaire placé au centre de la place de bord devient rond et en face en face du conducteur à partir de 1953.

 

La conception de cette Peugeot 203 est novatrice, car pour la première fois on utilise une coque auto-porteuse comme le sont la plupart de nos véhicules d’aujourd’hui. Quant à la motorisation, la Peugeot 203 apporte une révolution technique en adoptant un 1 290 cm3 qui développe 42 ch à 4 500 tr/min puis 45 ch à partir de 1953 capables d’atteindre 115km/h à un régime moteur bas.

La particularité de ce moteur « TM » est son type de culasse, hémisphérique ( jusque-là utilisé uniquement sur les voitures de course) et en Alpax (alliage d’aluminium-silicium) une première sur une voiture de série. Une motorisation mise au point clandestinement à La Garenne pendant l’occupation allemande.

La mort du lion

Le point fort de ce moteur est sa consommation réduite d’environ 7 à 8 litres/100 km bien aidés par une boite à vitesses à 4 rapports dont le 4e rapport est surmultiplié. Par contre, beaucoup de personnes lui reprocheront, ce 4e rapport surmultiplié générant des trous à l’accélération, d’être bruyant et mal synchronisé. Un défaut corrigé en 1955 avec l’adoption de la boîte C2 de la future 403.

 

Les suspensions avant, sont de type roues indépendant à amortisseurs hydrauliques et ressort à lames transversal. À l’arrière ils sont à leviers et ressorts hélicoïdaux. Sa mécanique sobre et fiable lui acquiert rapidement une réputation de quasi indestructible.

En 1958 une page se tourne dans l’histoire du constructeur franc-comtois avec la suppression de cette fameuse tête de lion placé en bout du capot depuis plusieurs décennies pour cause de sécurité (dangereux en cas de choc avec les piétons). Dommage!

Pourtant prévu initialement qu’en berline, le très bon accueille du public et la forte demande d’autres carrosseries fera que le lion déclinera sa berline en plusieurs autres silhouettes ( découvrable, affaires, cabriolet, coupé, familial, commercial, utilitaire). Les berlines, familiale et commerciale seront fabriqués à Sochaux et les autres silhouettes à La Garenne.

Le Peugeot 203, n’est pas qu’un nouveau succès du constructeur franc-comtois, elle est surtout le symbole de l’après-guerre et de la renaissance sochalienne. Au cours de sa carrière, 480 740 exemplaires seront vendus .

 

La 203 voiture multi-silhouettes

 

La 203 découvrable

Dévoilée au Salon de Paris 1948, la Peugeot 203 découvrable conquit rapidement le public et connaitra un succès plus qu’honorable pour une découvrable. Naturellement elle reprend l’architecture de la berline, toutefois la découpe du toit à nécessité le renforcement de la caisse.

Pourtant appréciée, sa carrière déclinera lors de l’arrivée de la 203 cabriolet.

 

 

 

 

La 203 cabriolet

En 1952 la famille 203 s’agrandit. D’une rare élégance elle fait l’unanimité dans la presse spécialisée et auprès du public. Stricte deux places, les places arrières ne pouvant accueillir que de jeunes enfants, l’auto est réservée à une clientèle fortunée et élitiste.

Clientèle fortunée oblige, Peugeot proposera plusieurs teintes (noir, gris, blanc puis en 1952 bleu, jaune, corail, vert).

A l’intérieur cuir couleur havane, rouge ou bleu, des teintes que le tableau de bord pouvait recevoir. De légères évolutions esthétiques jalonneront sa carrière avec l’adoption de parechoc plat et façonné inox et l’apposition de plaques de protection en bas des portes pour l’année 1952.

En 1953 de nouveaux pare-chocs nervurés beaucoup plus enveloppants font leur apparition. Puis c’est au tour d’un lave-glace de venir s’ajouter sur le millésime 1955. 2567 exemplaires seront produits.

 

 

 

 

La 203 coupé

Malgré son joli profil, le coupé 203 connaitra une brève carrière de 18 mois seulement entre octobre 1952 et avril 54 portant ainsi le nombre exemplaire vendu à 953. La raison de son échec, la faute peut-être à une ligne atypique qui était peut-être trop en avance sur son temps.

 

 

 

 

 

La 203 version longue

De l’utilitaire léger ( fourgonnette tôlée, ambulance ou plateau cabine) à la familiale et la commerciale, la version longue de la 203 connaitra nombre de déclinaison. De la fourgonnette 450 kg de charge utile à la familiale pouvant accueillir jusqu’à 7 personnes, ces versions longues seront les plus polyvalentes du marché.

Plébiscité par les commerçants, les artisans et les familles, en 10 ans de carrière près de 100 000 exemplaires tout type confondu seront vendus.

 

 

Et puis il y a la 203 d’Emile Darl’Mat mais, celle-ci on en reparlera plus tard…

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