Armand Peugeot l’homme imprévisible de la famille Peugeot….

 

Si aujourd’hui Peugeot est devenu le constructeur automobile que l’on connaît, on le doit en grande partie à Armand Peugeot. Un visionnaire, ingénieur de talent, preneur de risque, parfois rêveur. En 1892 il écrit  » Je suis persuadé que la locomotion automobile est appelée à prendre un développement énorme. Si nous sommes assez hardis et habiles, nous ferons de Peugeot l’une des plus grandes affaires industrielles de France »  Aujourd’hui on peut mesurer ô combien il était visionnaire.

Armand Peugeot naît le 26 mars 1849, il est le  fils d’Emile Peugeot, qui dirige avec Jules Peugeot la société Peugeot Frères, une entreprise dont l’activité principale est la fabrication d’objet en acier. Armand part faire ces études supérieur à Leeds en Angleterre dans un des berceaux de la métallurgie où il apprend les meilleurs techniques. De retour de Leeds, il apporte son savoir-faire à Peugeot frères qui deviendra à la cession de l’entreprise aux fils de Jules et Emile la société « Les Fils de Peugeot Frères ». Eugène son cousin en devient l’actionnaire principal et Armand le manager.

Le premier virage orchestrée par Armand Peugeot se déroule en 1882 quand il convainc non sans mal le conseil de gérance d’investir dans le cycle puis, dans l’automobile. Le succès du cycle en 1886 conforte Armand dans ces choix. En 1890 un quadricycle à moteur Daimler voit le jour sous le nom de Peugeot Type 2. Et la type 1? Un prototype, galop d’essai technique présenté à l’exposition universelle de Paris qui ne soulèvera pas l’enthousiasme du public ni la presse.

Armand Peugeot un visionnaire!

Puis en 1891 c’est au tour de la Peugeot Type 3 de faire ces premiers pas lors de la course cycliste Paris-Brest-Paris, une course idéal pour les fabricants de cycles dont Peugeot est un acteur majeur. Par amitié pour Armand le directeur de la course accepte que sa Type 3 y participe, un pari plutôt fou. Pourtant, en plus des 1200 km de l’épreuve parcourue à une moyenne de 14,7 km/h alors, que le meilleur cycliste à parcours l’épreuve à 16,8 km/h, la Type 3 à enduré l’aller-retour depuis Valentigney soit 2047 km, un exploit retentissant. (ci-dessous une Peugeot Type 3)

Fort de ce périple insensé, « Les Fils de Peugeot Frères » lance dans la foulée la commercialisation de la Type 3 et rapidement la clientèle est au rendez-vous. La production passant de 4 quadricycles en 1891 à 40 en 1894, des débuts prometteur.

Alors, Armand voulant développer la filière automobile, demande au conseil de gérance d’investir 500 000 francs dans la branche automobile. Eugène est malgré tout sceptique quant à l’avenir de l’auto il faut dire, que l’auto reste confidentielle, son cout de fabrication est élevée et, investir de telle somme dans une période de crise n’est pas du tempérament conservateur d’Eugène et ce, au grand dam d’Armand Peugeot. Le 4 décembre 1895 le couperet tombe, la société stoppe l’aventure automobile.

Cette décision met Armand et Eugène en conflit qui se solde par une séparation des cousins. Il faut reconnaître quArmand Peugeot est une personne atypique, enthousiaste, imprévisible et preneur de risque. Eternelle rêveur et entrepreneur, il investit sa fortune dans les bateaux de course, de régate ou de pêche. Il crée une station balnéaire à Morgat dans le Finistère au coeur de la presqu’île de Crozon, y achetant terrain et forêts, batîssant hôtels et villas. Son affaire tourne au fiasco. Un fiasco parmi d’autres….

De cette rupture, Armand Peugeot décide en 1896 de créer sa propre société sous le nom de la Société Anonyme des Automobiles Peugeot, puis dans l’euphorie de cette nouvelle entité construit des usines à Audincourt (1897), Lille et la Garenne (1899). il commercialisera la Type 36, la Type 105 et la Bébé première du nom.

Son cousin comprenant son erreur d’avoir délaisser l’automobile propose à Armand de lui acheter des brevets dans le but de pouvoir créer leur propres automobiles sous le nom de Lion Peugeot. Armand privilégiant tout de même les intérêts familiaux, conclus avec Les Fils de Peugeot Frère un pacte de non concurrence. Ce contrat prévoyait pour la société d’Armand Peugeot de ne pouvoir procéder à la fabrication des bicyclettes et des vélocipèdes, avec ou sans moteur et, les Lion-Peugeot ne pourront quant à eux ni produire, ni vendre de voitures à moteur munis de carrosserie.

Malgré le succès honorable que rencontre les automobiles d’Armand, celui-ci glisse à un proche collaborateur que l’avenir de Peugeot passe par la réunification des deux sociétés. Après des tractations longuement mené par Robert Peugeot son neveu, en 1910 l’entité S.A  Automobile et Les Fils Peugeot Frères fusionnent sous le nom de la S. A Automobiles et les cycles Peugeot. Il prendra la présidence jusqu’en 1913 puis décède le 2 janvier 1915.

Que serait devenu Peugeot sans Armand? Que vous pensez de cet homme d’exception?

 

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