La crise automobile qui a failli tuer Peugeot

 

La crise automobile que traverse actuellement Peugeot est grave, 5 milliards de pertes ( en cash la perte est de 1,5 milliard d’euros, le reste étant une dépréciation d’actifs), cependant cette crise automobile que connait le groupe n’est pas la première, crises des années 30, de l’après-guerre, du choc pétrolier de 1974, des années 80 et 90, pour autant et malgré toutes ces turbulences, le lion s’en est toujours sorti!

La dernière grande crise automobile qu’à connu Peugeot est sans conteste celle des années 80, celle qui à vu naître la Peugeot 205 qui à très largement contribuer à redresser le groupe.Cependant cette une crise automobile terrible aura impact social violent, mais cruellement essentiel à la survie de l’entreprise.

 

Comment est arrivée cette crise automobile ?

Le déclencheur c’est la crise pétrolière de 1974 qui à modifier le quotidien des Français, essence plus chère, crédits à taux plus élevés, une série d’éléments qui ont contribué à affaiblir le pouvoir d’achat. De fait, les Français se sont tournés vers des modèles plus économiques, mais aussi les gouts ont évolué, les Français préférant le hayon au coffre.

L’offre du constructeur sochalien n’est plus adaptée. Les premières années d’après crise pétrolière n’auront pas trop de conséquence pour Peugeot, mais au cours de 1978, les modèles du lion vont en pâtir, car entre une Peugeot 104 vieillissante et une 305 à coffre, ces véhicules n’étaient plus en phase avec les attentes du public.

crise-pétrolièreGraphique pour mieux comprendre ce qui à changé en 1973

Et puis il y a la vision sur le marché. Les dirigeants de l’époque dont le président Jean Paul Parayre pensait voir repartir le marché fin 1981, une reprise qui ne reviendra au final qu’en 1984 soit après 5 ans de crise automobile.

Cela n’explique pas tout, les dirigeants de l’époque n’ont pas su adapter leur outil de production, alors que le marché est en crise le groupe tablait sur une augmentation de ces ventes, pendant que les Japonais jouaient sur une baisse de la main d’oeuvre et des coûts salariaux. Quand Peugeot emploie 8000 ouvriers pour fabriquer 1200 voitures, les Japonais en utilisent 4000! Le lion aurait-il raté la mutation industrielle?

 

Effondrement des ventes

De là tout s’effondre, les prix ne sont plus compétitifs, la production recule fortement. En trois ans de 1979 à 1982, le groupe Peugeot passe de 17,2% à 12% sur le marché européen, en France même constat la part passe de 42,6% à 30,3%. La crise automobile persistante et ne voyant pas la reprise du marché automobile arrivé, les voitures ont continué à s’accumuler, car les usines continuant à produire comme s’y rien ne ce passait.

Malgré tout la production s’affaisse d’un tiers passant de 2,6 millions à 1,6 million de voitures. Les pertes financières s’accumuleront jusqu’au point d’atteindre 8,3 milliards de francs. Une perte financière colossale qui plombera tout investissement.

mort-talbotLa Talbot Tagora boudée par le public

Dernier point la fusion ratée de Talbot. Cette marque ressuscitée après le rachat de Chrysler Europe en 1978 arriva en pleine crise de l’automobile et du choc pétrolier. Les modèles de la marque ne correspondent plus aux attentes des clients et surtout elles sont gourmandes en carburant, la sanction est terrible, le constructeur cumule près de 100 000 voitures sur ces parcs soit 4 mois de production.

Cette débâcle aura raison de la marque Talbot dont l’actionnaire Peugeot n’aura pas d’autre choix que de la supprimer. Voilà pourquoi il y eut dans l’histoire de Peugeot ce numéro à part la 309 qui à l’origine devait être une Talbot. Et Citroën est mal au point.

Bertrand Peugeot déclara lors d’une réunion en 1983 « les banques étrangères nous ont quittés et d’autres vont le faire en janvier. On a tiré au maximum des lignes sur les banques françaises. On est en train de perdre les pédales. Talbot est mort, Citroën est dans une situation catastrophique par rapport à Peugeot qui seul se redresse. On n’est pas loin de la crise de liquidité nécessitant un dépôt de bilan ». Heureusement qu’un sacré numéro arrivera en 1983 pour sauver le lion de la crise automobile qu’il traverse.

Pour mieux comprendre la situation, une vidéo d’époque chez Talbot.


Impact social violent

L’heure est grave, mais la famille Peugeot à la dent dure, il est temps d’opérer des changements radicaux pour la survie de l’entreprise. Cela commence par un changement à la tête de l’entreprise.

C’est ainsi que Jean Boillot, Fréderic St Geours et un certain Jacques Calvet arrivent à la tête de l’entreprise. Pour redresser l’entreprise l’opération est simple calculer le seuil de rentabilité avec le volume de production actuel. Trois axes sont déterminés, alléger les charges, modeler les effectifs, et amélioré la production, il n’y aura pas comme un air de déjà vu???

Il n’y a guère de choix, les mesures seront drastique et dur sur le plan humain, 26 % des effectifs du groupe seront supprimer, mais à la manière le plus sociale possible. Pré-retraites, reconversions, retour au pays pour les immigrés, démissions. A Sochaux 30% des effectifs seront concernés, à Poissy 50%!! Au total 50 000 emplois seront supprimés! Une cure qui permettra au groupe de trouver le juste équilibre entre volume de production et main d’oeuvre.

Deuxième point, moderniser l’outil industriel pour produire plus avec les dernières technologies. Cette crise automobile et économique va obliger le constructeur à se moderniser et revoir son processus de fabrication.

Tout d’abord, toutes les usines trop vétustes pour être modernisées vont être fermées pour se concentrer sur cinq usines françaises (Sochaux, Mulhouse, Poissy, Aulnay et Rennes) et trois étrangères (Vigo, Ryton et Villaverde). L’entreprise balaie le vieux système de production à la Fordisme pour se rapprocher du Toyotisme, automatisation, robotisation des ateliers, absence de stocks et politique de juste à temps grâce au partenariat avec les fournisseurs.

 

Retour des bénéfices

Le constructeur se recentre sur l’automobile et sur l’Europe ce qui lui fait défaut actuellement, abandonne sa conquête internationale. Ce changement de stratégie porte ces fruits, surtout avec la locomotive Peugeot 205 et dès 1985, les comptes repassent dans le vert.L’année suivante l’entreprise engrange des profits avec 40,6 milliards de bénéfice accumulé entre 1987 et 1991, de quoi continuer la modernisation des ces usines, l’amélioration de la productivité et innover.

crise-automobile Le modèle qui va sauver le lion.

Quand en 1979 le constructeur sochalien gagnait 1,1 milliard de francs avec 2,3 millions de véhicules produits, une décennie plus tard avec le même volume, les profits sont multipliés par dix soit 10,3 milliards de francs. La crise automobile s’est éloignée … provisoirement.

Mais une chose est sûre, le groupe à su se relever et fera de même dans les prochaines années, en tout cas j’y crois fortement.

 

Pensez-vous que Peugeot va se sortir de cette crise automobile?






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