Les PDG de PSA…. quel est le plus emblématique?

 

 

Il n’y a pas de grands constructeurs sans de grands dirigeants. Si Peugeot est devenu ce qu’il est aujourd’hui, c’est aussi (en plus de ces voitures mythiques) par ces hommes qui ont su faire passer l’entreprise de la taille d’une souris à celle d’éléphant au gré des crises économiques et de l’évolution du monde automobile.

Robert Peugeot (1913 – 1944)

L’histoire débute en 1910 lorsqu’Armand Peugeot et les Fils de Peugeot Frères fusionne après 14 années de conflit pour devenir la SA Automobile et cycles Peugeot. Une fusion rendue possible par Robert Peugeot neveu d’Amand. En 1913, lorsqu’Armand prend sa retraite après trois années à la présidence de l’entreprise, Robert lui succède. Avec lui, Peugeot connaitra une nouvelle révolution structurelle, le travail à la chaine une méthode importée des Etats-Unis permettant ainsi de réduire les coûts et de produire plus.

On lui doit également la naissance du Site de Sochaux. Ingénieur de talent, il n’était pas un financier de premièr ordre, un handicap qui lui fera prendre de mauvaises décisions dans le financement de l’entreprise en s’entourant de Lucien Rosengart (1924) et Albert Oustric (1928). Deux banquiers impliqués dans des scandales financier.

Jean-Pierre Peugeot (1944-1964)

Dans cette tourmente qui mis l’avenir de l’entreprise en jeu, Robert reçoit l’aide de son fils Jean-Pierre qui renverra sans délais, les deux banquiers responsable de faits douteux. Ensuite en 1944, il prend la succession de son père malade. Au sortir de la seconde guerre mondiale et malgré des usines ravagées et pillés, Jean-Pierre Peugeot doit redémarrer sans trop attendre l’outil industriel.

Et pour mener à bien cette lourde tâche, il s’entoure d’une équipe qui sera sienne durant plus de quatre décennies. Parmi ces collaborateurs il y a Edouard Arnaud et un certain Maurice Jordan, bien plus qu’un fidèle collaborateur, c’est un ami. Apprécié de la famille Peugeot et face à la maladie de Jean-Pierre Peugeot en 1964, il reprend par intérim la direction.

Maurice Jordan (1966-1973)

Pourtant il était de tradition chez la constructeur sochalien de nommer à sa tête un membre de la famille. Mais constatant l’inexpérience du fils de Jean Pierre, Roland et de ses neveux Bertrand et Pierre. Maurice Jordan est officialisé nouveau président de Peugeot SA en 1966. Maurice Jordan connu une ascension fulgurante au sein de l’entreprise, ingénieur de la carrosserie de Mandeure en 1924, il devient au bout de deux mois directeur administratif des usines du Doubs.

Secrétaire général des automobiles en 1928 puis directeur générale adjoint en 1933. Proche collaborateur de Jean Pierre Peugeot, il fut l’artisan qui conduit le constructeur sochalien du rang d’industriel de province à celui de grands constructeurs. Un gestionnaire de premier plan qui forge la réussite durable de l’entreprise. Roland Peugeot dira de lui « suivre, orienter, corriger notre trajectoire était pour lui un souci permanent ».

François Gautier ( 1973-1977)

A Maurice Jordan succédera François Gautier ingénieur des Mines, lui aussi fit toute sa carrière au sein de la maison Peugeot. Il fut l’un des artisans du rapprochement entre Peugeot et Citroën (à la demande de l’état, car Citroën étant au bord du dépôt de bilan) et de la création du groupe PSA Peugeot Citroën.

Le choc pétrolier de 1974 déclenchera une profonde crise de l’automobile pendant les années 80 ce qui  fera dire à François Gautier « on arrive à une époque ou la direction de l’entreprise a besoin de talents, car celle-ci sera demain plus collégiale: il nous faut préparer bien plus d’hommes jeunes pour les hisser aux plus hautes responsabilités » .C’est ainsi que deux polytechniciens dont Jean-Paul Parayre rentre au sien de l’entreprise.

Jean-Paul Parayre (1977-1983)

Jean Paul Parayre devient en 1977 à peine quarante ans le nouveau PDG de PSA. Sous son mandant il crée la banque d’organes, invente la notion de plateforme et lance le projet M24 (futur 205) avec le patron de la marque Peugeot Jean boillot qui fut l’artisan du succès de la 205, comprenant que l’automobile moderne mêle la qualité au produit, la série au sport et le design à l’image de marque.

Jean Paul Parayre est aussi l’initiateur du rachat de Chrysler Europe ( Talbot). La crise automobile des années 80, et la faillite de Talbot feront prendre conscience à la famille Peugeot que l’entreprise à besoin d’un financier à sa tête pour redresser l’entreprise. Les circonstances font qu’il recrute en 1982 Jacques Calvet, un Enarque ancien directeur de cabinet du ministre Valery Giscard d’Estaing. devenu plus tard directeur de la BNP.

Jacques Calvet (1983-1997)

Pendant deux ans Jacques Calvet dirigera la marque Citroën avant de remplacer en 1983 Jean Paul Parayre à la direction de PSA. Pendant quatorze ans, il s’occupera essentiellement à redresser financièrement le groupe mis à mal par la crise des années 80, l’absorption de Citroën et la fusion ratée entre Peugeot et Talbot.

A titre de comparaison quand l’entreprise gagnait 1,1 milliard de francs avec 2,3 millions de véhicules produit, dix ans plus tard avec le même volume c’est 10,3 milliards de profit. Sa posture, son franc parler, ces colères feront rentrer Jacques Calvet aux guignols de l’info. Sa marionnette disait souvent, désolée je suis en retard ma 605 elle est tombée en panne ou Peugeot c’est de la m….!. Il poursuivra en justice les auteurs des guignols…. sans succès.

Jean-Martin Folz (1997-2007)

Assaini financièrement, il est grand temps pour PSA de partir à la conquête de l’international . Pour passer ce cap, le groupe fait appel en à Jean Martin Foltz. Chef d’entreprise très expérimenté du fait de sa carrière passée chez Rhône-Poulenc, Jeumont-Schneider, Péchinez et Béguin-Say, Foltz à la polyvalence d’un homme d’usine. Il contribuera à l’expansion de l’entreprise hors-d’Europe, comme au Brésil,en Argentine  et en Chine notamment.

Il marque une rupture avec l’ère Calvet du point de vue sociale et environnementale. Il engagera notamment les stratégies de coopérations avec différents concurrents, Ford et BMW pour les moteurs, Toyota et Mitsubishi pour les véhicules. Pendant son mandant, il aura fait passer les ventes du groupe de 2 à 3,4 millions de voiture. Malgré tous ces bons résultats, il décide de quitter l’entreprise en 2007. La faute (peut-être) à des bénéfices en net recul au début de l’année 2006 ( -60%).

Christian Streiff (2007-2009)

Parti en février 2007, c’est Christian Streiff qui est nommé. Sa présidence sera brève (deux ans).Pourtant, pendant sa gouvernance, il réduira très nettement les effectifs surtout dans les bureaux et lancera un vaste plan d’économie. Victime d’un accident vasculaire cérébrale en mai 2008, en plus de mauvais résultats cette année-là et de l’apparition de tension avec la famille Peugeot, conduisent en mai 2009 le conseil de surveillance à limogé Christian Streiff. Le président du conseil Thierry Peugeot dira à l’annonce de son limogeage «que les difficultés exceptionnelles qu’affronte l’industrie automobile imposaient un changement de management à la tête du groupe ».

Phillipe Varin (2009-….)

Depuis 2009 c’est Phillipe Varin qui est président du groupe PSA Peugeot Citroën. A son actif , des réductions d’effectif et l’alliance avec Général Motors. L’automobile vit actuellement une période difficile surtout pour Peugeot pas assez international. A Philippe Varin de faire passer un cap à l’entreprise tout en préservant les emplois dans notre beau pays. On croise les doigts !!

Et pour vous quel est le plus emblématique patron de Peugeot? Pour moi ça restera Jacques Calvet, qui était un drôle de type!

 






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