La Peugeot 604 symbole du luxe à la française

 

Quarante ans!! Voilà ce qu’aura attendu le lion pour revenir dans le segment des berlines de luxe. Cette Peugeot 604 va symboliser pendant plusieurs années l’image du haut de gamme à la française. En revanche, les volumes de ventes resteront en deçà des espérances de la firme franc-comtoise.

Dévoilée lors du Salon de Genève de mars 1975, la petite dernière du lion ne bouscule pas les codes stylistiques bien au contraire la Peugeot 604 est volontairement très classique et sans surprise. Une réalisation signée Pininfarina, mais dont le style fut orienté par un cahier des charges très strictes, établi par l’état major de la maison Peugeot. Car voilà, pour son retour dans le segment des berlines haut de gamme, le lion n’a pas le droit à l’erreur!

La Peugeot 604 quarante ans après… la 601

Berline archiclassique tricorps aux côtes généreuses pour l’époque (4,72 m de long pour 1,77m de large), la Peugeot 604 se distingue par sa ligne très anguleuse accentuée par une ceinture de caisse assez haute et son capot extra-plat.

Revers de ce design très carré, l’aérodynamisme de la Peugeot 604 est médiocre, elle obtient un cx de 0,44 (pour une moyenne se situant autour de 0,35). Une lacune qui n’est pas anodine.

Avec le V6 de l’alliance Peugeot-Renault-Volvo

Hélas pour cette 604, sa commercialisation intervient en pleine crise pétrolière et équipée d’entrée du V6 PRV( 2664 cm3 136ch boite 4 vitesses pour 180km/h)  sa consommation excessive  entre 14 à 17 litres aux 100 km va rapidement freiner son envol, il faut dire qu’avec l’envolé du prix du baril, la tendance est à la chasse au gaspi. Et ce n’est pas les lacunes récurrentes du V6 qui vont aider à convaincre les derniers clients indécis.

Quant à l’architecture technique c’est du classique, point d’innovation majeur si ce n’est l’apparition d’une direction à crémaillère assistée et l’adoption de quatre freins à disques assistés et ventilés à l’avant. Pour le reste, le lion reste attaché à ces solutions techniques déjà éprouvées sur les autres modèles de sa gamme.

Si elle n’est pas un modèle de sobriété niveau consommation en revanche, sur la route, la Peugeot 604 est dans son élément, confortable, agréable à conduire (grâce à une suspension spécialement étudiée pour lisser les irrégularités de la route), elle avale les kilomètres sans problème, une vraie grande routière. Des qualités à en faire rougir ces concurrentes allemandes

Confortable pas uniquement, à l’intérieur en plus d’un niveau équipement très correcte dès l’entrée de gamme, elle est très spacieuse, offrant une position de conduite impeccable sans négliger l’espace aux jambes aux places arrières. Quant au 428 dm3 de son coffre, il se place dans les meilleurs de sa catégorie, un atout fort apprécié par nombres de clients.

Un ensemble de qualités qui convaincront nombre de chefs d’Etat notamment Valéry Giscard d’Estaing qui en fera l’acquisition en 1976.

Boudée par la clientèle en raison d’une consommation d’essence abusive, le lion rectifie le tir à partir de 1977, la Peugeot 604 devient TI en dotant le V6 d’une injection Bosch K-Jetronic (au lieu des deux carburateurs initialement montés) ainsi la puissance passe à 144 ch (boîte 5 vitesses). Résultat: la consommation revient dans des moyennes plus acceptables (entre 11 et 15 litres aux 100 kilomètres) de plus, la vitesse de pointe gagne 5 km/h ce qui lui permet d’atteindre désormais 185km/h.

L’équipement évolue à l’occasion de cette nouvelle motorisation, dorénavant la 604 est équipée de série de quatre vitres électriques et d’un dessin de volant nettement plus agréable. En version 604 SL glaces teintées, lève-vitres électriques à l’arrière, condamnation centralisée, etc

Turbo-Diesel première!

Mais c’est à la fin des années 70 en 1979 plus exactement que la Peugeot 604 va se retrouver sur le devant de la scène en devenant la première berline européenne à être équipé d’une motorisation Turbo Diesel de série, un exploit technique. À titre de comparaison la Mercedes 300 dans sa version turbo diesel n’apparaîtra qu’un an plus tard. Chapeau bas aux ingénieurs de la maison Peugeot.

Pour atteindre cette prouesse, le 4 cylindres Indenor de 2304 cm3 est accouplé à un turbo américain Garrett qui permet ainsi de faire passer la puissance de 70 ch à 80 ch. Le couple moteur enregistre un bond en avant considérable avec 18.8 m.kg (au lieu des 13.4 sans le turbo).

La Peugeot 604 D Turbo sera commercialisé en deux versions, la D Turbo et la D Turbo grand confort, équipé en série d’une boîte à 5 rapports, de glaces teintées, d’un pare-brise Securiflex et de la centralisation des portes. Un choix technique payant qui connaitra un beau succès et deviendra la moitié des ventes de la Peugeot 604.

En fin de carrière (1981) la 604 se décline en version GTI, en faite le V6 PRV passe à 2,8 litres et développe dorénavant 155 ch permettant d’atteindre les 190 km/h. Toutefois, cette évolution ne permet pas de convaincre une clientèle qui se tourne désormais vers des concurrentes plus récentes au style plus moderne.

Côté diesel, la puissance évolue également avec la nouvelle GTD, qui partage avec la 505 le XD3 de 2,5 litres et 95 ch (165 km/h).

En 1985 sa commercialisation est stoppée après 153 266 exemplaires produits sur le site de Sochaux. Et dire qu’à son lancement les dirigeants avaient tablée sur une production de 150 véhicules/jour.

Avez-vous des souvenirs avec cette berline de luxe? Avez-vous eu la chance d’en possédez-une ? Je serais curieux de connaître votre point de vue sur cette 604 bourgeoise des années 70

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14 Responses

  1. Marceau Christophe dit :

    Bonjour,
    Très heureux de consulter ce site !
    Passionné par ce modèle depuis sa sortie, je possède depuis le 16 juillet 1979 (modèle 1980) une 604 D turbo grand confort cuir brun, je roule tous les 3 jours avec…son état fait des envieux dans mon entourage.

  2. Marceau Christophe dit :

    J’aimerais vous envoyer une photo de la semaine passée lors d’une sortie dans le Morvan. A quelle adresse mail ??? Merci et salutations cordiales.

  3. THOTE dit :

    Mon oncle avait une belle D Turbo.
    Une ambiance et une odeur uniques dans cette voiture et un confort impeccable avec ses sieges epais comme des fauteuils de salon.
    Souvenirs…

  4. Philippe dit :

    La 604, c’est la voiture de mon adolescence. Mon père en a possédé 4, entre 1978 et 1989 : une TI, puis deux STI, puis une GTI qu’il a « fait durer » jusqu’à la sortie de la 605.
    J’ai beaucoup aimé cette voiture
    D’abord, parce qu’elle succédait aux DS qui véhiculaient la famille jusqu’alors, et que ma soeur et moi avions rebaptisées « Gerbator ». Je reconnais d’immenses qualités à la DS, tant en termes d’innovations que de tenue de route, mais nous étions systématiquement malades lors des trajets estivaux. La 604 a été pour moi une révélation magique : on pouvait faire plus de 500 km sans vomir !
    Ensuite, pour ses qualités de grande routière, en tant que passager mais aussi une fois le permis obtenu, que conducteur. Un confort exceptionnel qui n’obérait pas une tenue de route très précise, un V6 dont on a dit beaucoup de mal mais qui était néanmoins très agréable à l’usage, et last but not least des sièges d’un rare confort, revêtus d’un cuir aussi souple qu’épais.
    Enfin parce qu’elle était superbement dessinée. Un design paradoxal, parce que d’une sobriété extrême, reniant toute forme de tape-à-l’oeil. Mais qui revendiquait néanmoins son statut de « haut de gamme » par ses proportions, par les larges phares, par la double sortie d’échappement à l’italienne… par la « classe » naturelle de sa carrosserie.
    Elle ne s’est d’ailleurs pas si mal vendue que ça : plus de 150.000 exemplaires, à une époque où le diesel ne concernait guère que les taxis, et en ne proposant qu’un V6 en essence, même si c’était loin des objectifs de Peugeot, c’est tout sauf ridicule.
    Il lui a manqué un intérieur plus valorisant (le contraste entre la qualité des sièges et celle du tableau de bord confinait à la schizophrénie), des évolutions moteur (puissance et consommation) qui auraient du arriver bien plus tôt, mais surtout un positionnement assumé.
    Compte tenu de ses qualités intrinsèques, la 604 aurait dû être mieux finie, faire évoluer plus vite sa mécanique, et être plus chère.

  5. peltekian dit :

    j ai eu une 604 ,le modèle le plus fini …
    la finition était totalement nulle et cheap exemple : pour marquer le pli de la « moquette » arrière ( en fait du tapisom ) Peugeot a eu l idée de couper à mi épaisseur le dit tapisom afin de faciliter sa mise en place ,durée de vie 3 mois , le tableau de bord ridicule , très mauvais vieillissement , design : les portes sont celles de la 504 , pas très noble ….échec totalement prévisible
    les constructeurs auto pleurnichent mais ils se  » foutent » totalement des clients ( quelque qu ils soient ) – voir les nombreux scandales

  6. casanova dit :

    Je possède une très jolie 604 STI De 1983 mais je cherche un des deux echappements ,

  7. burnel jean dit :

    j’en ai possedé 2 une essence pendant 6 ans et une turbo diesel pendant 7 ans ;un régal ;je n’ai jamais retrouver aussi bien ;je suis passé a la mercedes mais niveau confort rien a voir ,je regrette mes 604

  8. fayçal dit :

    bonjour,
    mon père avait une année 1977 modèle TI , c’était la voiture de mon enfance , je garde toujours des photos avec la 604 quand j’étais petit 🙂

  9. bernard dit :

    LA 604 un veau sur roues conso exessive tenue de route alleatoire sur route moullee caisse trop lourde j ai prefere la renault trente tx ayant eu les deux la trente de chez renault avait un comportement routier et un cnfort bien superieur

  10. ERICK dit :

    Bonjour,
    J’ai possedé une 604 TI et trois R 30 TS/TS auto etTX j’ai été content des quatre . A ce sujet j’ai gardé de ma 604 les monogrames AR ,
    peugeot automatique et V6 TI .0650890626.

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