Une GT nommé Anaconda

Il y a quelques jours, j’ai fait l’étonnante découverte de la Peugeot BBM Anaconda de 1969, à vrai dire, je ne sais pas si on peut vraiment la nommée Peugeot BBM Anaconda ou seulement BBM Anaconda.

Néanmoins, si elle n’est pas une Peugeot dans le sens littérale du terme, une lionne comme l’est la 205 Turbo16 ou la 908, elle possède beaucoup d’éléments mécanique de la Peugeot 204 et 304 et doit sa paternité à Francis Diter, artisan en charpente métallique, et surtout à Bernard Lanseman, styliste au bureau d’étude Peugeot, dirigé à l’époque par Paul Bouvot.

Une GT à la française

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Finalement, cette aventure automobile ressemble beaucoup à celle de la WM de Gérard Welter futur chef de style de Peugeot et de Michel Meunier ingénieur chez Peugeot, à la différence qu’ici, l’auto n’était pas destiné à participer aux 24H du Mans seulement pour une utilisation route et peut-être destiné à concurrencer l’Alpine…Cette « Anaconda » en référence à la ville des USA situé dans le Montana et non à la grosse bébette rampante qui vit dans les régions tropicales d’Amérique du Sud est une parenthèse dans l’histoire sportive de BBM Automobile, et ne fut fabriqué qu’à un seul exemplaire.

Coté mécanique, cette Peugeot BBM qui repose sur un châssis de 70kg, est formé de tôles pliées et soudées par point, prenant la forme d’un caisson. Ce procédé de soudure à point à l’avantage de supprimer l’utilisation de traverse et de fait permet de contenir le poids. Paternité oblige, cette BBM et non pas BM, est alimenté par le moteur de la 204 de 1130 cm3 placé ici en position centrale arrière, est modifié le faisant ainsi passé de 53 à 110 ch pour une pointe à 200 km/h. Pour doubler la puissance, l’unique simple corps Solex monté d’origine a été remplacé par 2 carburateurs double corps Weber.peugeot bbm anaconda

Difficulté d’homologation

Pour freiner le tout, on y a greffé 4 freins à disques de type Peugeot 304 et installé des combinés ressorts-amortisseurs réglables. Pour contenir le poids de cette « GT« , la carrosserie fut construite en polyester sans oublier que Pierre Bertin Boussu le papa des BBM Automobiles s’occupa du châssis et des trains roulants. Finalement, cette Peugeot BBM Anaconda ne rencontrera qu’un unique et épineux problème, son homologation sur route à cause principalement des normes anti-pollution.

Le modèle fut exposé au Musée de l’aventure puis vendu en 2010 pour la somme de 16 679 €.

Pour terminer voici un extrait du magazine échappement au sujet de cette Peugeot BBM Anaconda

L’Anaconda est plaisante à regarder avec ses lignes nerveuses et douces à la fois. Bernard Lanseman l’a voulu ainsi et le résultat est de toute évidence fort réussit. L’esthétique et la pratique font même « bon ménage » avec le toit démontable en deux parties et les phares escamotables, pour être en règle avec la réglementation des mines qui veut que la plage des phares soit à 50 cm du sol minimum. La finition intérieure — comme extérieure d’ailleurs — est aussi particulièrement soignée, avec entre autres tous les instruments nécessaires et deux bacquets confortables. Si l’on prend place au volant — nous n’avons pas pu malheureusement faire quelques tours du circuit de Croix-en-Ternois où nous avions rendez-vous, à cause d’un problème de refroidissement du moteur — on a une bonne position de conduite et le levier de vitesse tombe parfaitement sous la main. Lanseman n’a qu’un regret, celui de n’avoir pas pu faire faire un pare-brise un peu plus haut, faute de moyens, qui lui aurait permis de l’incliner un peu plus et d’améliorer le profil. Quelques problèmes pour l’homologation. Malgré tous les aménagements prévus pour la sécurité et la très bonne finition, les constructeurs ont des difficultés auprès des Mines pour faire homologuer l’Anaconda. Pour une homologation individuelle, comme c’est le cas, les Mines du département de la Somme leur ont demandé de s’adresser au service de Paris, rue de Bercy, lequel se fait « tirer l’oreille » à cause du moteur amélioré qui ne correspond plus aux normes anti-pollution , un problème d’actualité .
Il faudrait maintenant 4 000 à 5 000 F pour passer l’Anaconda au banc antipollution et espérer décrocher l’homologation qui permettrait de l’immatriculer, et ainsi de rouler sur la route. Afin de résoudre ces problèmes, souvent difficiles pour un « constructeur sans patente », B. Lanseman, pour son cas précis, ne voit qu’une solution peu onéreuse, celle d’échanger le moteur préparé contre un autre de série. Il faudra  aussi qu’il remplace le harnais pour une ceinture 3 points… réglementaire. L’administration !!! Espérons que bientôt ces démêlés ne seront plus qu’un mauvais souvenir et que nous pourrons croiser l’Anaconda dans la rue. Vous verrez, elle a fière allure !

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2 Responses

  1. Nicolas dit :

    De derrière elle ressemble un peu à une De Lorean, et pour le cokpit ? la tableau d ebord provient d’ou ?

  2. Alice dit :

    On dirait les anciennes Lamborghini ! N’êtes-vous pas du même avis que moi ?

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