Prost-Peugeot: Les coulisses d’un fiasco annoncée

Si Peugeot à connu dans le sport auto beaucoup de victoires, il en a connu d’autres moins glorieux, mais qui font tout simplement partie de la loi du sport, cependant l’histoire désastreuse de Peugeot avec Prost en F1 est beaucoup plus sombre. À vrai dire avant même la signature du contrat entre les deux parties, Prost savait déjà que l’histoire tournerait mal…

À l’époque, les médias étaient tout excité à l’idée de voir s’associer le motoriste français et le quadruple champion du monde, certains parlaient même de « dream team » mais en réalité les coulisses de ce mariage sont beaucoup plus trouble.

Une volonté politique et non sportive

Tout débute en 1996 lorsque Walkinshaw veut racheter Ligier à Briatore. À la connaissance de cette vente, le ministre des Sports de l’époque Guy Drut et son Président Jacques Chirac veulent profiter de cette occasion pour ramener l’équipe Ligier sous pavillon français et pour arriver à leur fin, ils vont contacter et pousser Alain Prost à racheter l’écurie

Panis, Prost et Trulli

Panis, Prost et Trulli

Pourquoi Alain Prost, tout simplement parce que le quadruple champion du monde désire depuis de nombreuses années devenir patron d’écurie, mais jusque-là tout ce qu’il avait tenté avait échoué. Pourtant, lorsqu’il fut contacté, Prost ne fut pas emballé par ce projet, mais la volonté politique de voir Ligier redevenir français, poussera Alain Prost à se laisser convaincre. À vrai dire, Jacques Chirac trouva les bons arguments pour qu’il cède, comme la promesse de la fourniture gracieuse du V10 Peugeot pour une durée de cinq ans et le soutien financier de grand groupe français, de quoi céder aux sirènes de la F1.

Pourtant au point de vue sportif, Peugeot n’avait pas de raison à venir dans ce projet, au moment où son association avec Jordan commençait (enfin) à porter ces fruits. Non ce qui poussera le lion à s’engager dans cette aventure franco-française ce n’est donc pas le sportif, mais l’amitié qu’il existait entre Jacques Calvet et le président français, un ami de longue date. Avant de venir PDG de Peugeot, Mr Calvet fut directeur de cabinet de Valery Giscard d’Estaing... Tout s’explique.

Fausses promesses

Donc poussé par les hommes politiques, et la promesse d’obtenir le V10 Peugeot gratuitement pendant cinq ans en plus de sponsors prestigieux comme Canal +, ou Bic, Prost se met à rêver jusqu’à ce que le premier couac de cette aventure arrive. Sans raison apparente, les engagements verbaux de Calvet vont changer à quelques semaines de la signature officielle du contrat. Alors qu’initialement le moteur devait être fourni gracieusement, cet accord va passer en payant à la plus grande désillusion de Prost qui obtiendra in-extremis un rabais de 15 millions, permettant de ne payer le moteur « seulement » 25 millions de francs au lieu des 40 millions initiaux.

Puis à la signature du contrat, Prost se rend compte que le contrat n’est plus de cinq, mais de trois ans. Mis devant le fait accompli, Alain Prost demande des explications à Mr Calvet sans que celui-ci lui en donne de valable. Avant même de démarrer l’aventure, la confiance entre Prost et Peugeot était deja bien entamé.

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Mais alors pourquoi un tel revirement du patron de Peugeot? Tout d’abord à cette époque Jacques Calvet arrive à la fin de son mandat et doit faire face à des divergences internes, en l’occurrence celles de J.M Foltz, futur remplaçant de Mr Calvet et de Frederic St Geours n°2, ces derniers étant en déssacord sur la gratuité de la fourniture du moteur et surtout peu enclin à l’avenir de Peugeot en F1.

Comment donc démarrer une aventure, si l’engagement d’une des deux parties n’est pas total et manque d’honnêté envers son partenaire. Les premiers résultats ne vont pas rassurer le quadruple champion du monde. Néanmoins, la saison 99 avec ces 9 points et ces multiples occasions de bien figurer laisse entrevoir de l’espoir pour la saison suivante.

De la tension entre Peugeot et Prost

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L’année suivant sera la pire, un désastre même. D’abord, les rumeurs laissent entendre que Prost cherche un autre motoriste, puis au lieu de rester dans la continuité, Prost change presque tout, pilotes, sponsors, pièces (3000), et un tout nouveau moteur. Ce dernier aura un manque de fiabilité catastrophique et les reproches incessants d’Alesi et de Prost envers la marque sochalienne va envenimer les choses au point de pousser les salariés de Peugeot à se mettre en grève (symbolique de 5 min) lors du warm-up du Grand Prix de France. La saison 2001 se fera sans Peugeot, parti par la petite porte rejoindre le rallye avec les 206 WRC.

L’histoire de Peugeot en F1, ce n’est pas que le désastre avec Prost même si ce n’est pas glorieux, pour revivre son histoire F1, c’est là !!

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2 Responses

  1. Alice dit :

    Je suis vraiment heureuse d’être tombée sur ce blog ! J’apprends pas mal de choses.

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