La naissance d’un sacré numéro!

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Que serait devenu Peugeot sans son sacré numéro? Personne ne peut le dire, cependant vu la situation financière où ce trouvait le lion celui-ci aurait certainement mis la clé sous la porte , mais bon on ne refait pas l’histoire.

Trente ans après son lancement, la 205 reste et restera Ze modèle emblématique du lion, celui qui remis le constructeur sochalien sur les rails du succès et…. des profits. Un best-seller, car avec plus de 5 millions d’exemplaires vendus, ce sacré numéro dépassera toutes les espérances du constructeur qui au départ avait tablé sur une production totale de 1,6 million véhicules.

Un sacré numéro qui traversera les années 80, 90, 2000 et qui de nos jours sillonne encore l’hexagone. Et puis elle est increvable et c’est bien là sa grande force! Un modèle qui passa de père en fils, elle est devenue pour de nombreux jeune permis, LA première et puis surtout elle une icône des années 80, de ces années folles ou la puissance, la vitesse était un argument de vente, où le conducteur avait une certaine liberté au volant. Et la 205 c’est la Gti 105 ou 115 ch, sans oublier l’insatiable 205 Turbo 16 qui trustait les premières places en rallye et rallye-raids.

 

Naissance du projet “M24”

Tout commence en 1977 quand le PDG de l’époque Jean-Paul Parayre lance l’étude de cette future lionne appelée en interne “M24”. Mais dans quel but? Pour remplacer une Peugeot 104 dont les ventes commencent à se tasser, mais également pour pénétrer le segment B2 alors très en vogue en Europe est en plein boom (40 % des immatriculations en France).

Cette « M24 » doit aussi relancer l’image du constructeur, ce futur sacré numéro doit être jeune, innovante, dynamique et conquérante. Le cahier des charges est simple, cette future lionne doit accueillir 5 personnes, être compacte (entre 3,6 et 3,8 m), habitable, lumineuse et garder l’empattement de la petite 104 ( 2m42) et —être capable de recevoir le maximum de motorisation du —groupe.

 

Pour le style, le lion fait joué la concurrence

Comme à son habitude, le lionceau met en concurrence le style maison emmené par le tout jeune Gérard Welter et celui du transalpin Pininfarina. Les premières maquettes ne cassent pas des masses, le futur sacré numéro ressemble fortement à une 104 que l’on aurait rafraichit. Face à ce design peu enthousiasmant, les designers doivent revoir leurs copies.

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Crédit photos: musée de l’aventure Peugeot

Cependant, pour concevoir ce nouveau style, les designers font face à une contrainte technique qui ne les aident pas, celles de l’emplacement de la roue de secours qui est placée sous le moteur (ce qui fait remonter la hauteur de caisse).

Alors pour aider les stylistes, les ingénieurs vont procéder au réaménagement de l’architecture technique de l’auto en déplacement la route de secours à l’arrière.Dès lors, le dessin devient plus fluide, plus en rondeurs. Pour autant, la direction n’est pas entièrement satisfaite et demande aux stylistes de retendre les lignes, afin de donner plus de caractère à ce futur sacré numéro.

A l’occasion de l’une des dernières présentations de maquettes sur la terrasse de la Garenne, Jean Boillot, alors numéro 2 de Peugeot, fut très clair : « si nous ne réussissons pas cette voiture, nous sommes morts ! ».

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Les différentes maquettes de la future 205 proposée par Pininfarina et Welter

Le 5 janvier 1980, c’est le projet de Gérard Welter qui l’emporte sur Pininfarina et sonne à cette occasion l’émergence du style Peugeot by Gerard Welter, il faut dire que la proposition Peugeot était vraiment supérieure.. A la présentation des dernières maquettes Roland Peugeot dira  » je l’aime bien votre voiture Gérard, elle est ronde, sympathique, mais la calandre avec une seule fente, ça n’ira pas, faites plusieurs barrettes », par la suite ces barrettes seront surnommées  « la moustache du lion ».

peugeot 205 maquetteLa maquette finale

L’intérieur du sacré numéro signé Paul Bracq

Si la robe fut dessinée par Gérard Welter, l’intérieur est le fruit de Paul Barcq créateur entre autres de la mythique Mercedes 230 Sl et du prototype BMW Turbo (1973), qui par envie de revenir en France rejoindra la maison Peugeot en 1974.

Au début du projet Paul Bracq propose d’intégrer à la planche de bord une instrumentation numérique, mais jugée trop onéreuse par la direction, il proposera alors un tout autre concept, simpliste et efficace et surtout interchangeable suivant la finition. Elle se traduira par un bandeau de témoin lumineux au dessus du compteur et au centre de la console un bloc d’instruments rectangulaire. Il dira « tout a été fait pour que l’ homogénéité et la cohérence des solutions soient conservées. ».

En ce mois de janvier 1980, ce futur sacré numéro vient d’adopter ces lignes définitives et va maintenant entrer dans sa phase d’industrialisation, mais ça,c’est un autre chapitre!

prototype-planche-de-bord-peugeot-205Les premiers prototypes

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 Modularité de la planche de bord.

 Surprenantes les premières maquettes du sacré numéro, non? Qu’en pensez-vous?






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