Sochaux, la ville usine (dernier volet de la saga du centenaire de Sochaux)

 

Le site historique du lion fête cette année son centenaire et pour célébrer l’évènement le site sochalien met les petits plats dans les grands et organisera Lire la suite à partir du 15 septembre jusqu’au 15 novembre, deux mois de festivité .

Pendant un mois, une exposition « M14, l’Expo du siècle »prendra place dans un bâtiment d’époque de 6000 m² et retracera en images les valeurs des hommes et des femmes qui ont fait de Sochaux un véritable symbole de l’industrie.

« M14, l’expo du siècle »

Ce site unique est devenu au fil des décennies le plus grand site industriel de France et le plus vieux du monde ! Pas mal tout de même. Des photos, des objets d’époque et la projection de films constitueront les faits principaux de cet anniversaire unique. Naturellement les Peugeot-mythique y sera présent dès le 15 septembre!

Mais avant de se rendre à cet anniversaire du centenaire unique dans l’histoire automobile, revenons ensemble sur les faits marquants qui ont fait de ce site le plus grand site industriel de France. Pour ne pas faire trop long, l’article sera coupé en 3 parties: Le choix de Sochaux,  Entre crises et prospérités et Sochaux, la ville usine.

Sochaux n’est pas simplement une ville comme les autres, pas simplement une ville ou une entreprise s’est implantée, non Sochaux est différente, Sochaux c’est Peugeot.

Ici à Sochaux tout tourne autour de l’usine, quand l’usine tousse c’est tout le Pays de Montbéliard qui s’enrhume. On vient depuis la Haute-Saône, le Territoire de Belfort et le Doubs travailler chez Peugeot.

Ici, tout le monde a au moins un lien familial avec l’entreprise, il y a toujours quelqu’un qui à une histoire ou à une anecdote à raconter sur la Peuge! Encore aujourd’hui dans certains villages, ceux qui ne roulent pas en Peugeot sont regardés de travers. La firme du lion est le poumon économique de la région.

Paternalisme Social

Et puis Sochaux ne serait jamais devenue ce qu’elle est sans Peugeot car c’est bien Peugeot qui à fait Sochaux. Au milieu des années 30 alors que l’usine est en pleine croissance, l’usine est confrontée à une pénurie de main-d’oeuvre alors, pour attirer les ouvriers et les conserver, la famille va créer un véritable écosystème autour de la ville de Sochaux et du Pays de Montbéliard.

La famille Peugeot va y construire des logements, des hôtels, créer des sociétés de secours, immobilières, des écoles d’apprentissages et mettre en place des systèmes de cars pour aller chercher ceux qui habitent loin de l’usine (jusqu’à 70 km). En faite, l’entreprise va pallier au manque lié à l’époque, la maison va exercer en quelque sorte un « paternalisme social ». On mange Peugeot, on dort Peugeot, on respire Peugeot!

Et il y a aussi le FC Sochaux, un club créé par la famille Peugeot dans le but de divertir son personnel et situé à proximité de l’atelier d’emboutissage,. Il y a aussi le comité d’établissement (C.E) qui permet aux moins aisées de pouvoir partir en vacance et enfin accéder à des lieux et des activités qui seraient en temps normal inaccessible sans l’aide du C.E.

Le FC Sochaux-Montbéliard

Dans les années 60, Peugeot invente avant l’heure la grande distribution sous le nom des RAVI (jusqu’en 1983) et même les RAVI bricolage !! Prix, produits, proximité, tout était fait pour les ouvriers de la Peuge!.

La Peuge comme l’on dit ici c’est aussi une immigration débutée à la fin des années 70, Polonais, Italiens, Maghrébins, Espagnols, Turcs. Une population qui représentera jusqu’à 15 % de l’effectif sochalien. Ici que l’on aime ou pas Peugeot, le constructeur continue de susciter un attachement viscéral.

Mobilisations Sociales

Sochaux c’est aussi les luttes sociales, 1936,mai 68 ou plus récemment 1989, un siècle ou les hommes et les femmes ont su s’unir pour protester contre les dirigeants afin d’obtenir de meilleurs acquis sociaux.

Tout d’abord, en mai 68 où les ouvriers à l’écoute des évènements nationaux décideront de suivre le mouvement en bloquant l’usine, différant ainsi le lancement de la Peugeot 504. Un blocage qui débouchera sur une hausse de salaire de 14%, le retour au 40 h, et les congés pour évènements familiaux ( mariage, décès, etc…).

Jusqu’à la grève XXL de 1989  qui durera 9 semaines, une grève dont l’étincelle proviendra du patron de l’époque Jacques Calvet qui déclara lors de l’émission télévisée « l’heure de vérité » qu’un ouvrier de Peugeot gagnait en moyenne 7500F alors qu’en réalité certains touchaient 5000F, de plus le journal « le canard enchainé »  fit sa Une sur l’augmentation de salaire de 46 % de Jacques Calvet.

Grève de 1989

Il n’en faudra pas plus pour allumer la mèche de la révolte. Après 9 semaines de conflit, les salariés verront leurs salaires augmenter de 330 F ( contre les 1500 F demandé), et l’obtention de diverses primes.

Même si cette culture sochalienne est moindre avec les jeunes salariés, pour les anciens la nostalgie demeure toujours sous la forme d’une association des retraités de Peugeot (4400 membres), un rassemblement qui traduit leur amour pour la marque.

En résumé ici on vit au rythme de l’usine de Sochaux, de crises en prospérités, de grèves en catastrophes naturelles, à chaque période difficile la solidarité des hommes et des femmes de Sochaux ont  su relever l’entreprise et faire de cette usine historique berceau du constructeur, le site moteur du groupe.

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