Peugeot 406 Coupé
Un autre chef-d’oeuvre signé Pininfarina. La plus belle berline coupée des années 90, vingt-cinq ans après toujours intacte.
Salon de Genève, mars 1996 : Peugeot dévoile le 406 Coupé, dessiné par Pininfarina et produit dans les ateliers de la maison italienne. La presse spécialisée le salue immédiatement comme l’une des plus belles berlines coupées de la décennie. Produit jusqu’en 2004 à environ 107 000 exemplaires, motorisé d’abord par un V6 de 3 litres et 194 chevaux puis par un turbodiesel HDi en 1999, il est aujourd’hui considéré comme l’un des derniers grands coupés statutaires français. Voilà l’histoire d’un coup de crayon italien qui n’a jamais cherché à être sportif mais qui voulait être beau, et qui le reste trente ans plus tard.
- Production
- 1996 – 2004 (assemblage Pininfarina, San Giorgio Canavese, Italie)
- Style
- Pininfarina (dessin Davide Arcangeli, supervision Lorenzo Ramaciotti)
- Moteurs essence
- 4 cyl. 2.0 16V (132 ch) / V6 ES9J4 3.0L (194 ch puis 207 ch)
- Moteurs diesel
- 2.2L HDi (136 ch puis 170 ch, dès 1999)
- Transmissions
- Boîte 5 rapports manuels / Auto Tiptronic 4 rapports (V6)
- Vitesse max
- ~235 km/h (V6 essence)
- 0-100 km/h V6
- ~8,5 s (194 ch) / ~7,8 s (207 ch)
- Poids
- ~1 425 kg (2.0 16V) / ~1 525 kg (V6) / ~1 565 kg (HDi)
- Production totale
- ~107 000 exemplaires
- Cote actuelle (2026)
- 5 000 – 9 000 € (2.0 16V) / 8 000 – 16 000 € (V6) / 6 000 – 12 000 € (HDi)
Pourquoi confier le 406 Coupé à Pininfarina ?
Au début des années 90, Peugeot lance la 406 berline et break pour succéder à la 405. La voiture est un succès commercial, mais la direction de la marque souhaite proposer une déclinaison plus statutaire et plus haut de gamme pour incarner l’image de Peugeot sur le segment supérieur. Plusieurs concepts internes sont étudiés, mais la direction stylistique décide de confier le projet à un studio extérieur capable d’apporter un regard neuf et reconnaissable.
Le choix se porte sur Pininfarina, la maison turinoise qui collabore avec Peugeot depuis la 404 et qui a déjà signé le 504 Coupé. Le projet est confié à Davide Arcangeli, sous la supervision de Lorenzo Ramaciotti qui dirige à cette époque le studio de design Pininfarina. Le travail prend plusieurs années, avec un objectif clair : produire un coupé statutaire avec un style intemporel, capable de durer dix ans en production sans paraître démodé.
Qu’est-ce qui rend le dessin si réussi ?
Le travail de Pininfarina sur le 406 Coupé tient en quelques décisions fortes. La ligne de toit est d’une seule traite depuis le pare-brise jusqu’à la lunette arrière, sans rupture, dans une logique fastback adoucie. Les flancs sont plats, sans nervure inutile. La ceinture de caisse remonte progressivement vers l’arrière, ce qui donne une impression de dynamisme sans agressivité. Les passages de roue, légèrement bombés, équilibrent la masse visuelle de la voiture.
Les détails sont travaillés avec une attention rare. La face avant, avec ses quatre phares ronds intégrés dans des optiques travaillées et sa calandre minimaliste, crée une signature visuelle immédiatement reconnaissable. Les feux arrière, intégrés dans le bandeau entre les ailes, restent discrets et élégants. L’habitacle, dessiné également par Pininfarina, propose une planche de bord enveloppante avec des matériaux soignés et une ergonomie classique. L’ensemble dégage une présence statutaire sans tape-à-l’œil, dans la tradition du grand tourisme italien appliqué à une berline française.
Quelles motorisations ?
À son lancement en 1996, le 406 Coupé est proposé avec deux motorisations essence : un quatre cylindres 2.0 16 soupapes de 132 chevaux pour la version d’entrée, et un V6 ES9J4 de 3,0 litres développant 194 chevaux pour la version haut de gamme. C’est cette dernière qui constitue la motorisation emblématique du modèle. Le moteur est issu de la collaboration entre Peugeot, Renault et Volvo et offre des performances tout à fait honorables pour un coupé statutaire, avec une vitesse de pointe d’environ 235 km/h.
En 1999, le restylage de mi-carrière apporte plusieurs évolutions. Le V6 essence reste au catalogue, mais la grande nouveauté est l’arrivée d’une motorisation HDi 2.2 turbodiesel développant 136 puis 170 chevaux. Cette version diesel, bien adaptée à un usage de longue distance, étend la clientèle du coupé vers les acheteurs flotte et les commerciaux haut de gamme. Une version finale 3.0 V6 développant 207 chevaux est introduite en 2000.
Le 406 Coupé apparaît dans le film Taxi 2 (2000) de Luc Besson, où il est conduit par le personnage joué par Frédéric Diefenthal. Mais la voiture la plus célèbre du film reste évidemment la 406 berline blanche au stickers BMW de Sami Naceri. Le 406 Coupé, lui, joue le rôle de la voiture banalisée de la police. Cette double présence à l’écran a contribué à installer la 406 dans la culture populaire française, et notamment dans l’imaginaire d’une génération de jeunes spectateurs qui découvrent la marque par le grand écran.
Coupé statutaire ou sportive ?
Le positionnement du 406 Coupé est important à comprendre pour apprécier la voiture. Contrairement à des coupés sportifs comme l’Alfa Romeo GTV, la BMW 328i Coupé ou la Mercedes CLK contemporaines, le 406 Coupé n’a jamais cherché à offrir des sensations de conduite extrêmes. Sa philosophie est celle du grand tourisme, héritée de la tradition Pininfarina : un coupé statutaire pour voyager loin et confortablement, avec quatre vraies places utilisables et un coffre généreux.
Le châssis hérite directement de la berline 406, avec quelques évolutions de calibration sur les ressorts, les amortisseurs et les barres antiroulis. Les performances sont honorables mais sans être supérieures à celles d’une berline 406 V6. Le confort, en revanche, est largement supérieur, avec une insonorisation soignée, des sièges accueillants et une suspension qui filtre bien les imperfections de la route. C’est un coupé pour avaler des autoroutes et arriver beau au bout, pas pour attaquer des cols pyrénéens.
Pourquoi un volume modeste ?
La production totale du 406 Coupé, sur l’ensemble de sa carrière 1996-2004, atteint environ 107 000 exemplaires, ce qui en fait un succès commercial honnête mais sans atteindre les volumes d’une berline standard. La production a été assurée par Pininfarina dans ses ateliers de San Giorgio Canavese, ce qui explique le positionnement prix relativement élevé du modèle face à des berlines équivalentes et qui rapproche le 406 Coupé de la philosophie des coupés italiens.
Ce volume modeste et l’absence de successeur direct chez Peugeot ont contribué à entretenir la réputation du modèle au fil des années. Le 407 Coupé, lancé en 2005 pour remplacer le 406 Coupé, n’a pas eu le même succès stylistique et a été produit en volumes nettement inférieurs avant son arrêt. Depuis, Peugeot n’a plus jamais proposé de coupé statutaire dans sa gamme, ce qui fait du 406 Coupé l’un des derniers représentants d’une tradition automobile qui s’est progressivement éteinte chez les généralistes européens.
Que vaut un 406 Coupé en 2026 ?
Les prix actuels reflètent la montée en grade progressive du modèle. Un 406 Coupé V6 essence en bel état d’origine s’échange aujourd’hui entre 8 000 et 16 000 euros, avec des pointes au-delà pour les exemplaires exceptionnels en première main. Les versions V6 finale (207 ch) sont les plus recherchées et atteignent les niveaux les plus élevés. Les versions essence 2.0 16V restent accessibles, autour de 5 000 à 9 000 euros, et constituent une bonne porte d’entrée pour qui veut le style sans le budget V6.
Les versions HDi 2.2 turbodiesel se situent dans des niveaux similaires aux essence 2.0 16V, avec un intérêt particulier pour les usagers qui privilégient la consommation modérée et la longévité mécanique. Avant tout achat, l’état général de la coque doit être contrôlé, particulièrement les bas de caisse, le coffre et le tour du pare-brise. Les mécaniques V6 et HDi demandent un entretien rigoureux, notamment au niveau des courroies et du système d’injection. Mieux vaut viser une voiture avec un historique d’entretien suivi en réseau Peugeot ou par un spécialiste reconnu. Le 406 Coupé reste, près de trente ans après sa sortie, l’une des plus belles automobiles françaises modernes et son statut de collection ne fera que croître dans les années à venir.
