Peugeot 306 S16
Châssis Sortie en1996

Peugeot 306 S16

Berline compacte 167 chevaux, châssis encensé par la presse. La référence GTI des années 90, encore prisée aujourd’hui.

1996 : la 309 GTI 16 est arrêtée depuis trois ans, la 205 GTI sort progressivement de production, et Peugeot souffre d’un déficit sportif sur le segment des compactes. La 306 S16, lancée cette année-là, va rééquilibrer les comptes. Moteur 2.0 16 soupapes XU10J4RS développant 167 chevaux, châssis encensé par toute la presse spécialisée, freinage puissant, comportement remarquablement équilibré : elle redéfinit ce qu’on peut attendre d’une compacte sportive française face aux Volkswagen Golf VR6, Honda Civic VTi et Renault Mégane 16V. Voilà l’histoire d’une berline qui a sauvé l’honneur d’une marque pendant cinq ans.

Carte d’identité
Production
1996 – 2001
Carrosseries
Berline 5 portes (majoritaire) / Berline 3 portes / Break / Cabriolet (rare)
Moteur
4 cyl. en ligne XU10J4RS, 1 998 cm³, DOHC 16 soupapes
Puissance
167 ch à 6 500 tr/min, 193 Nm à 5 500 tr/min
Transmission
Boîte 5 rapports manuels (S16) / 6 rapports (GTI 6 dès 1998)
Freinage
4 disques ventilés (à partir de 1999 : ABS + EBD série)
Vitesse max
~220 km/h
0-100 km/h
~8,0 s
Poids
~1 220 kg (berline)
Production totale
~100 000 exemplaires (toutes variantes)
Cote actuelle (2026)
10 000 – 18 000 € (S16) / 15 000 – 25 000 € (GTI 6 finition) / +25 000 € (cabriolet S16)

Pourquoi développer la 306 S16 ?

Au milieu des années 90, Peugeot souffre d’un déficit sportif sur le segment des compactes. La 309 GTI 16 est arrêtée en 1992, la 205 GTI sort progressivement de production, et la 306 lancée en 1993 n’a pas de version véritablement sportive dans sa gamme initiale. Pendant ce temps, Volkswagen propose une Golf GTI VR6, Renault sort une Mégane 16V, Honda introduit la Civic VTi, et Ford lance l’Escort RS Cosworth. Le marché des sportives compactes est en pleine effervescence et Peugeot a besoin d’une réponse forte.

Le projet est confié à Peugeot Sport, qui développe une version S16 de la 306 sur la base du moteur XU10J4RS, un quatre cylindres 2.0 atmosphérique à seize soupapes développant 167 chevaux. Le travail porte également sur le châssis, les freins, la direction et l’aérodynamique. La voiture est présentée en 1996 et lancée commercialement la même année. Elle complète une gamme 306 déjà large, comprenant des versions essence et diesel, un cabriolet et un break.

Qu’est-ce qui rendait le châssis si efficace ?

Tous les essais de l’époque s’accordaient sur un point : le châssis de la 306 S16 était l’un des meilleurs de sa catégorie. Plusieurs choix techniques expliquent cette excellence. La suspension avant à jambes McPherson reçoit des ressorts plus courts et plus durs, ainsi que des amortisseurs spécifiques avec des hydrauliques renforcées. La suspension arrière à barres de torsion est calibrée différemment de la berline de base, avec un meilleur compromis entre stabilité et agilité.

La direction à crémaillère, avec assistance variable selon la vitesse, est précise et offre des retours d’informations clairs au volant. Les voies sont légèrement élargies par rapport à la berline standard, ce qui améliore la stabilité dans les courbes rapides. L’aérodynamique reçoit des évolutions discrètes (becquet arrière, bouclier avant retravaillé, jupes latérales) qui réduisent la portance à haute vitesse. L’ensemble donne une voiture qui se conduit avec une netteté remarquable, capable d’absorber un rythme élevé sur les routes ouvertes tout en restant confortable au quotidien.

Le saviez-vous

Le magazine britannique EVO a inclus la Peugeot 306 GTI 6 dans son classement des « 50 voitures de tous les temps » en 2010, et le journaliste John Barker a écrit que « le compromis entre confort et performance était si juste qu’il a forcé Volkswagen à revoir entièrement la suspension de la Golf GTI Mark V ». Quinze ans après sa sortie, la 306 S16 était encore citée par la presse internationale comme une référence dynamique pour les ingénieurs de châssis. Peu de compactes françaises peuvent en dire autant.

Peugeot 306 S16
Peugeot 306 S16
Comment se conduit-elle ?

Le 2.0 seize soupapes XU10J4RS développe 167 chevaux à 6 500 tours par minute et 193 newton-mètres de couple à 5 500 tours. C’est un moteur qui aime monter dans les tours, sans être nerveux à bas régime grâce à un travail soigné sur le diagramme de distribution. La voiture atteint environ 220 km/h en pointe et boucle le 0 à 100 km/h en environ 8 secondes, performances tout à fait correctes pour une compacte de cette époque.

Mais ce sont surtout les sensations qui font le caractère de la voiture. La 306 S16 propose un compromis remarquable entre confort et sportivité, qui permet de l’utiliser au quotidien sans souffrir, tout en disposant d’une capacité dynamique très supérieure à celle d’une compacte normale. Le freinage, avec quatre disques ventilés, est puissant et endurant. La boîte cinq rapports est étagée court, ce qui aide à exploiter la plage utile du moteur. L’habitacle reçoit une sellerie sport spécifique, un volant trois branches, une instrumentation graduée jusqu’à 8 000 tours et quelques touches de carbone factice typiques de l’époque.

Quelles variantes ont été produites ?

La 306 S16 a été déclinée dans plusieurs configurations au fil de sa carrière. La version berline cinq portes est la plus produite, mais Peugeot a également proposé une version trois portes plus rare et un break S16 produit à plus petit volume. Une version GTI 6 (avec boîte six rapports) est introduite en 1998 pour les marchés où la dénomination GTI restait commercialement pertinente, équivalente à la S16 sur le marché français.

Une variante cabriolet S16 a également été produite à très petit volume, dérivée du cabriolet 306 Pininfarina. Cette version, particulièrement rare aujourd’hui, combinait les performances sportives et le style cabriolet dans un compromis qui n’a pas trouvé un grand succès commercial mais qui est devenu recherché par les amateurs. Globalement, la 306 S16 a été produite à environ 100 000 exemplaires toutes variantes confondues.

Pourquoi vieillit-elle si bien ?

Trente ans après son lancement, la 306 S16 conserve une réputation sportive intacte. Plusieurs facteurs l’expliquent. Le premier est mécanique : le 2.0 XU10J4RS s’est révélé être un moteur particulièrement durable, capable de dépasser sans difficulté les 300 000 kilomètres avec un entretien correct. Le bloc fonte, la culasse aluminium, l’injection Bosch Motronic et la chaîne de distribution constituent une mécanique sans drame qui résiste bien au temps.

Le second facteur est dynamique. Le châssis de la 306 S16 reste, encore aujourd’hui, l’un des plus appréciés des amateurs de conduite. Les essais récents publiés par la presse spécialisée comparent souvent la voiture avantageusement à des sportives compactes contemporaines, en soulignant son agilité, son équilibre et la qualité de ses retours d’informations. Cette pérennité dynamique a transformé la 306 S16 d’une simple sportive populaire en une voiture de collection en devenir, dont la cote est en hausse régulière depuis la fin des années 2010.

Que vaut une 306 S16 sur le marché en 2026 ?

Une 306 S16 en bel état d’origine, peu kilométrée et avec son historique d’entretien, s’échange aujourd’hui entre 10 000 et 18 000 euros, avec des pointes au-delà pour les exemplaires exceptionnels en première main. Les berlines cinq portes restent les plus accessibles, les trois portes et les breaks atteignent des niveaux supérieurs. Le cabriolet S16, beaucoup plus rare, dépasse fréquemment les 25 000 euros pour les belles voitures.

Avant tout achat, l’état général de la coque doit être contrôlé attentivement, notamment les passages de roue, les bas de caisse et la cuvette de batterie. Le moteur est globalement sain mais demande un entretien rigoureux de la chaîne de distribution (à contrôler vers 250 000 kilomètres), du système d’injection et du circuit de refroidissement. Mieux vaut viser une voiture suivie en réseau spécialisé qu’une bonne affaire apparente, et privilégier les exemplaires d’origine plutôt que les voitures modifiées.

À suivre

Continuer le voyage

Voir les 12 légendes →