Peugeot 106 Rallye
Pure Sortie en1993

Peugeot 106 Rallye

La petite bombe culte des années 90. Légère, brute, sans assistance : la conduite à l’ancienne dans son état pur.

1993 : Peugeot Sport lance une version dépouillée et sportive de la 106, baptisée Rallye. Pas de direction assistée, pas de lève-vitres électriques, pas de toit ouvrant, peu d’insonorisation. Un quatre cylindres atmosphérique de 1,3 litre qui pousse à 7 200 tours et qui développe 100 chevaux pour seulement 825 kilos sur la balance. Cette philosophie spartiate sera prolongée par la S2 de 1996, qui passera au 1.6 huit puis seize soupapes. Voilà l’histoire d’une citadine conçue pour les amateurs de conduite pure, devenue le rite de passage de plusieurs générations de pilotes français.

Carte d’identité
Production S1
1993 – 1996
Production S2
1996 – 1998
Moteur S1
4 cyl. en ligne TU2J2, 1 294 cm³, 8 soupapes
Puissance S1
100 ch à 7 200 tr/min, 116 Nm à 5 400 tr/min
Moteurs S2
1.6L 8 soupapes (103 ch) / 1.6L 16 soupapes (118 ch)
Transmission
Boîte 5 rapports manuels étagée courte, traction avant
Freinage
4 disques (ventilés à l’avant)
Poids S1
~825 kg
Poids S2 16V
~875 kg
0-100 km/h S1
~9,5 s
0-100 km/h S2 16V
~8,5 s
Production totale
~5 000 S1 / ~4 000 S2 (estimations)
Cote actuelle (2026)
8 000 – 15 000 € (S1) / 10 000 – 18 000 € (S2 16V)

Pourquoi une version Rallye de la 106 ?

La 106 est lancée en septembre 1991 pour remplacer la 205 sur le segment des citadines compactes. La voiture connaît un succès commercial immédiat, mais Peugeot Sport souhaite proposer une version sportive accessible qui puisse servir de base pour les championnats de rallye amateur. La direction de la marque envisage initialement une version GTI à moteur 1.6 16 soupapes (qui sortira en 1996), mais Peugeot Sport convainc la direction d’élargir l’offre avec une version Rallye, positionnée en dessous, plus légère et plus dépouillée.

Le cahier des charges est précis : il faut une voiture sportive accessible en prix (à l’époque autour de 80 000 francs, soit nettement moins qu’une 205 GTI 1.9 vendue 110 000 francs), avec un poids minimal et un équipement réduit à l’essentiel pour faciliter la préparation rallye et abaisser le coût d’usage. La voiture doit être prête à être homologuée en groupe N et groupe A pour les championnats nationaux.

Qu’est-ce qui distinguait la S1 ?

La S1 lancée en 1993 reçoit le moteur TU2J2, un quatre cylindres atmosphérique de 1 294 cm³ développant 100 chevaux à 7 200 tours par minute. C’est moins qu’une 106 XSI 1.4 (94 ch mais boîte plus longue), mais c’est obtenu grâce à un travail de culasse, d’admission et d’échappement spécifique, qui privilégie le caractère et la sonorité au confort d’usage. Le moteur est rugueux à bas régime, exigeant en termes de boîte de vitesses, mais devient enthousiasmant au-dessus de 4 000 tours.

La transmission est une boîte cinq rapports manuels avec étagement court, parfaitement adapté à un usage sportif. Les suspensions sont raffermies, avec des ressorts plus courts et des amortisseurs spécifiques. Les freins sont des disques aux quatre roues, ventilés à l’avant. Le poids total avoisine 825 kilos, ce qui est très léger pour une voiture de tourisme moderne. L’équipement intérieur est volontairement spartiate : sièges baquets simples, volant trois branches sans airbag, instrumentation réduite à l’essentiel, pas de console centrale. Tout participe à la philosophie pure et dure.

Peugeot 106 Rallye
Peugeot 106 Rallye
Comment la S2 a-t-elle évolué ?

En 1996, Peugeot lance la 106 Rallye S2, conçue à partir de la base 106 phase 2 légèrement restylée. La voiture conserve la philosophie dépouillée mais reçoit un moteur plus moderne. Deux options sont proposées : un quatre cylindres atmosphérique 1.6 huit soupapes de 103 chevaux, légèrement plus souple que le 1.3 d’origine, et un 1.6 seize soupapes développant 118 chevaux. C’est ce dernier qui constitue la version la plus recherchée par les amateurs.

Le 1.6 seize soupapes est un dérivé du moteur de la 106 GTI, dans une configuration moins extrême mais avec un caractère sportif marqué. Le poids reste contenu autour de 875 kilos, et les performances permettent un 0 à 100 km/h en environ 8,5 secondes, ce qui est correct pour une citadine de cette catégorie. Surtout, la philosophie générale est conservée : pas d’équipement superflu, suspensions fermes, boîte courte, et un comportement routier d’une netteté que peu de citadines modernes peuvent reproduire aujourd’hui.

Le saviez-vous

Plusieurs pilotes professionnels français ont fait leurs premières armes au volant d’une 106 Rallye dans les championnats de France junior des années 90. Sébastien Loeb lui-même a piloté une 106 Rallye dans le Trophée Andros et dans les rallyes amateurs en région alsacienne avant de basculer sur les voitures de Groupe A. Sébastien Bourdais en a piloté une dans le championnat de France des rallyes nationaux. La voiture a servi d’école de pilotage à une génération entière de pilotes qui ont ensuite couru en WRC, en Le Mans Series ou en IndyCar.

Pourquoi est-elle devenue culte ?

Plusieurs facteurs expliquent le statut culte qu’a acquis la 106 Rallye au fil des années. Le premier est sa cohérence philosophique. À une époque où les sportives compactes commençaient à s’alourdir d’équipements (ABS, airbags, climatisation, lève-vitres électriques), la 106 Rallye proposait au contraire un retour à l’essentiel. C’était une voiture conçue pour rouler et pour piloter, sans concession au confort. Cette pureté en a fait une référence pour les pilotes amateurs et les écoles de pilotage.

Le second facteur est le rapport prix-performance. La 106 Rallye était nettement moins chère qu’une 106 GTI à l’achat, et son équipement minimaliste la rendait plus facile à préparer pour la compétition. Plusieurs générations de jeunes pilotes français ont fait leurs premières armes au volant d’une 106 Rallye en rallye amateur, en montagne ou sur les routes ouvertes. Cette diffusion en compétition amateur a construit la légende de la voiture.

Que vaut une 106 Rallye aujourd’hui ?

Les prix actuels varient sensiblement selon l’état et la version. Une 106 Rallye S1 en bel état d’origine s’échange entre 8 000 et 15 000 euros, avec des pointes au-delà pour les exemplaires exceptionnels. Les S2 1.6 seize soupapes atteignent des niveaux similaires, voire légèrement supérieurs pour les voitures peu kilométrées. Les voitures préparées pour la compétition se trouvent à des prix plus accessibles, mais demandent une remise en état souvent conséquente pour un usage routier normal.

Avant tout achat, il faut vérifier soigneusement l’état de la coque. La 106 rouille sur les passages de roue arrière, les bas de caisse et le coffre. Le moteur TU2 (sur les S1) est relativement simple mais demande un entretien rigoureux des courroies de distribution. Sur les S2 1.6 16V, la chaîne de distribution est plus fiable mais le moteur est plus complexe à diagnostiquer en cas de panne. Mieux vaut viser une voiture avec un historique d’entretien suivi et préférer un exemplaire non modifié, plus rare et plus facile à revendre.

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